Les Grands rebelles de l’Underground :

23/07/2009

Mais qui sont-ils vraiment ? Les cyberpunks, ces gens habillés ’bizarrement’, qui écoutent de la musique ‘inécoutable’ pour beaucoup…
Aujourd’hui, j’ai rendez vous à bastille (quartier populaire de Paris connu pour sa population marginale, excentrique, aussi bien gothique, que punk ou encore cyberpunk) avec Pierre (40ans), Laetitia (27ans), et Ronan (33ans), trois cyberpunks voulant bien m’accorder un petit moment d’explication, alors intéressons nous aujourd’hui à ce mouvement que trop peu d’entre nous connaissent :

Ezecreep : En trois mot, c’est quoi le cyberpunk ?

Pierre : Le cyberpunk est un mouvement philosophique née dans les années 80. Après le grand « crash » de la mondialisation des années 70, et au moment où différentes corporations mondiales comme l’OMC ou le FMI fleurissaient, certaines personnes croyant en l’avenir commençaient à perdre tout espoir. A cette époque, j’étais môme, et mes parents et grands parents croyaient en un avenir ou l’humain, malgré ses tords arriverait à s’en sortir vers un avenir meilleur, vers une conquête spatiale ou spirituelle, peu importe mais en un avenir qui méritait d’être vécu et connu…
Ronan : et ensuite, la fameuse culture cyberpunk est née avec des auteurs comme William Gibson qui nous montrait dans ses bouquins, un avenir si sombre, mais si réel…
Pierre : on ne pouvait qu’y croire, les auteurs de littérature cyberpunk ne parlaient que d’un avenir dans lequel les multinationales prendront le dessus sur les gouvernements, tout se fera sur le net, les gens ne sortiront presque plus de chez eux tellement le monde entier sera contrôlé par des machines et par les corporations qui les contrôle.
Laetitia : plus de supermarchés, plus de cave à vin, plus de bibliothèques, plus de squares, ni de lycées, ni d’écoles… tout se fera sur le net, les peu de fois où on sortira de chez nous, ça sera pour voir apparaître devant nos yeux, de géantes publicités installées par les corporations, qui chercheront de plus en plus à contrôler et à soumettre le peuple…et le peu de décors restant ne sera que ruines liées à des catastrophes naturelles de plus en plus fréquentes…

Ezecreep : Le cyberpunk a-t-il un rapport avec la politique d’aujourd’hui ? Et si oui, en quoi ?

Ronan : oui il a un rapport, c’est simple, Sarkozy nous endort pendant que la gauche se meurt, le peuple refuse de réagir, et aux prochaines élections, qu’est que nous auront comme choix ? UMP, Royalistes, FN, ou la gauche verte qui sera en pleine guerre civil, tout le monde s’endormira à jamais si personne ne bouge, le mouvement cyberpunk dénonce un peu un avenir comme celui qui nous est destiné si personne ne bouge.
Pierre : Pas de héro, pas d’avenir meilleur, juste de la survie où l’humain devra s’adapter…
Laetitia : pas succomber aux attaques des politiques ou d’autres entreprises qui prendront le relais…

Ezecreep : Le cyberpunk n’est donc pas une vision optimiste de l’avenir. Pouvez vous me dire si vous trouvez ça normal que le cyberpunk existe dans un monde comme le notre ?

Pierre : pour moi, qui ai déjà la quarantaine, je pense que ce mouvement dont on fait parti n’est pas quelque chose pouvant être considéré comme normal…
Laetitia : je suis d’accord, c’est comme le fait que les gens disent que c’est normal de voir autant de SDF dans les rues. Ils disent que c’est normal parce qu’ils ont l’habitude, mais ce n’est pas parce que quelque chose est réel qu’il est juste…
Ronan : Nous ne sommes pas cyberpunk juste pour le « trip », mais vraiment parce c’est quelque chose qui nous tient à cœur, et que malgré ce que nous voudrions croire, nous sommes condamnés à un avenir que nous ne voulons pas, et cet avenir, nous le construisons aujourd’hui, alors, tant qu’à faire, autant en faire parti ! On essaye de tenir bon et de résister à notre échelle, on fait de l’humanitaire, on milite, on manifeste, et on est prêt à sortir les armes s’il le faut ! (rires)
Pierre : en s’affirmant Cyberpunk, nous affirmons également un désaccord avec la politique actuelle, les maltraitances physiques et mentales perpétuées par le gouvernement, la police et les plus hauts placé dans l’échelle de l’humanité.
Laetitia : en d’autres termes le mot « cyberpunk » tire ses origines du punk pour sa philosophie du « no future », même si nous sommes en train de le construire nous n’y croyons plus, et le cyber vient de la montée technologique qu’il y aura dans plusieurs années.
Ronan : et ça a déjà commencé, les derniers téléphones portables ont encore plus d’options que ceux imaginées dans des livres cyberpunk il y a des années, le net est de plus en plus accessible, partout sur la terre, et on y trouve de plus en plus de choses, on finira dépendant de nos vies et de ce qu’on possède, c’est ainsi que ça a commencé, c’est ainsi que ça se finira…

En bref, les cyberpunks auraient-ils compris comment tout allait se terminer si nous ne réagissons pas contre ceux qui nous gouvernent? On en reparlera dans 30 ans…

Quelques noms : Peut être connaissez vous ce mouvement sans le savoir…ou pas…

Littérature : L’un des précurseurs reste George Orwell avec ‘1984’  et l’un des plus célèbres est William Gibson (Neuromancien, Idoru, Identificatio des shémas).

Sculture, Design : HR Giger (design des films ‘Alien’)
Jeux De Rôles : Cyberpunk, ShadowRun…
Musique : Prodigy, Rob Zombie, Punish Yourself, dexy corp_, Manu le malin…
Cinéma : Mad Max, Matrix, Doomsday, Blade Runner, Tron, Terminator, Robocop, Dark City, Minority Report, PayCheck…

Mangas : Akira, Ghost in the shell, Gunm…

Jeux Vidéos : Deus Ex, Fallout, The Nomad Soul, Final Fantaisy VII, Redfaction, Halflife…

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RFI ou le journal d’une grève baillonnée

16/07/2009

Depuis le 12 mai dernier, une grève illimitée touche les ondes de la radio RFI.

les salariés de RFI lors d'une des manifestation contre le plan social

Les salariés de RFI lors d'une des manifestations contre le plan social

Pourquoi ce mouvement incongru? Revenons sur les faits : le nouveau président, Alain de Pouzilhac, a présenté une sorte de plan miracle pour sauver la radio :  « juste  » la suppression de 206 postes et de 6 rédactions de langues parisiennes, en allemand, albanais, polonais, serbo-croate, turc et laotien…  ce qui a déclenché, depuis donc plus de deux mois désormais, une grève des techniciens, des réalisateurs et de certains journalistes. Les syndicats, unanimes, soutiennent ce mouvement inédit par sa longueur, dans le paysage audiovisuel français.

Peut-être que pour certains ces suppressions peuvent paraitre anecdotiques, mais le mouvement peut sonner comme le glas d’un journalisme de qualité. RFI ne propose pas des émissions françaises de type « nos amis les gaulois » aux auditeurs du monde entier, francophones ou non, mais des programmes adaptés à chaque culture et chaque pays. Véritable institution, elle est particulièrement écoutée dans de nombreux villages perdus au milieu de nulle part et est le seul média vraiment accessible. Pas besoin de lire, juste d’avoir un petit récepteur, des piles et des oreilles en état de marche.

Pourtant … qui a entendu parler du mouvement régulièrement à part celui qui s’y intéresse, ou celui qui écoute régulièrement la radio, qui habite le plus souvent hors de l’hexagone ? Comme d’habitude, les gros médias de type TF1 / France 2  n’en parlent pas tant qu’il n’y a pas de gros incident ou de grosse perturbation. Il en était de même lors du début des grèves en Outre-mer, dont les prémisses étaient dès décembre (!), ou bien lors de la grève des professeurs d’université et des étudiants. Aussi, l’État ne réagit pas … Non il ne s’agit pas de vouloir d’un État miracle qui résout tous les problèmes, – on croise déjà un peu trop le Prince dans des domaines qui ne le concernent pas- mais d’au moins un petit tapotage sur les doigts.  Et peut-être une nomination autre que celle de la chère et tendre épouse de notre ministre des affaires étrangères, en numéro 2 de la radio…

Faute d’avoir trouvé un écho à ses revendications, une AG  vendredi dernier a suspendu la grève pour l’été, et la reporte à la rentrée. Les journalistes se sont aussi pour la plupart lassés du mouvement … Malgré tout, une action en justice est en cours et le Tribunal de Grande Instance  de Paris devrait se prononcer le 22 juillet sur la validité ou non du plan social.

Affaire à suivre!


Le 14 juillet, jour de fête populaire à tendance populiste.

16/07/2009

Feu d'artifice du 14 juillet 2009, Tour Eiffel, Paris.  Mairie de Paris/Sophie Robichon

Feu d'artifice du 14 juillet 2009, Tour Eiffel, Paris. Mairie de Paris/Sophie Robichon

Quelle belle journée avons-nous eu en ce jour de fête nationale du 14 juillet. Alors même que le soleil disparaissait, Johnny « allumait le feu » sur le champ de mars. La foule venue nombreuse pouvait par la suite admirer le somptueux feu d’artifice parisien, célébrant les 120 printemps de notre chère Tour Eiffel, et financé comme chaque année par la mairie de Paris. Troisième édition des concerts organisés depuis 2007 sur le champ de mars, le spectacle aurait réuni entre un million et 700 000 personnes.


Cette opération rondement menée témoigne au niveau international de l’unité du peuple français. Comment ça non? Mais si, voyez, tous ces visages ravis d’entendre notre chanteur national interpréter ses plus grands titres pour un cachet dérisoire. 30 000 euros seulement selon l’Elysée. Le million dépensé par et pour le président de la république n’est ainsi pas inutile. Oh pardon, excusez mon amalgame, il semblerait que ce soit le ministère de la culture qui aie réglé la note. A quand un ministère du divertissement ? Ainsi à l’affiche l’an prochain, Patrick Sébastien, on fera tourner les serviettes devant le Trocadéro.  « Des jeux et du pain » disait-on à l’époque romaine afin de préserver Rome et l’Empereur des révoltes populaires .En ce qui concerne les jeux, nous sommes servis, merci Monseigneur Sarkozy. Pour le pain, remplacezle de nos jours par des écrans plats HD de 120 pouces, besoin essentiel à notre survie, bien entendu, et vous touchez un point sensible. En ces temps de crise, de plus en plus de foyers ne peuvent assouvir leur appétit consommateur faute de moyen. Imaginez leurs réactions quand ils n’auront plus le choix et subiront l’outrage de regarder le journal télévisé sur leur vieil écran cathodique.

Et pendant ce tempslà, alors que la France entière avait les yeux rivés sur Paris et les quartiers chics, à quelques kilomètres de là seulement, et dans toutes les banlieues de France, un nouveau record se profilait à l’horizon. 500 voitures carbonisées, pas un mot sur les chiffres des années précédentes, silence radio, il ne faut pas en parler au cas où le phénomène se propagerait.

Le pire dans tout cela, c’est qu’un grand nombre de Français se rendent également compte du manège qui se trame dans les hautes sphères du pouvoir. Aucune réaction en revanche, pas de manifestations, on se contente tous de hurler devant notre téléviseur en voyant les mises en scène médiatico-populiste du super-président. Et que dire de  l’émission en son honneur sur France 5 retraçant sa vie, ses rêves, ses réussites, ses amours. Pas un mot pour les cas qui fâchent, Kadhafi, ou le célèbre « cassetoi pauvre con » ne sont que des grains de sable sur le chemin de sa gloire. Ce genre d’émission est pourtant réservé en général aux présidents sortants comme on a d’ailleurs pu le voir sur France 5 le mois dernier au sujet de Jacques Chirac. Ou le plus souvent lorsque qu’une star décède, comme on le constate avec Michael Jackson depuis trois semaines.

Notre cher président se serait-il découvert un don de voyance?

A qui profite la baisse de la TVA sur la restauration ?

10/07/2009

A qui profite la baisse de la TVA sur la restauration? Réclamée par les professionnels de la restauration depuis plusieurs années, le taux de TVA à 5,5 % – contre 19,6 % actuellement – est désormais appliqué. Oui mais voilà, ce cadeau à un coût : près de 3 milliards d’euros. En temps de crise, de telles dépenses peuvent surprendre et les syndicats n’ont pas tardé à monter aux créneaux. CGT, CFDT, FO, CFTC et CFE-CGC ont signalé l’absence de garanties sur les contreparties sociales de la baisse du taux de TVA. Rien non plus sur l’aide au transport, le treizième mois, la sixième semaine de congés conventionnelle ou la reconnaissance des jours fériés. Alors comment vérifier que la baisse de l’imposition ne profite pas uniquement aux restaurateurs, mais aussi aux clients, comme le prévoyait la réforme initiale censée faire regagner du pouvoir d’achat aux français ? L’Etat n’a en effet rien prévu ou presque, et s’est contenté de concerter les professionnels du secteur, sans la moindre obligation en terme de baisse des prix ou d’embauches. Les réductions de prix, si appliquées, seront visibles directement sur la carte.

L’avez-vous constaté ? Nous attendons avec impatience vos retours sur le sujet.


Création des « Mauvaises Herbes »

10/07/2009