Simples casseurs ou révolte en marche ?

30/10/2009

article poitiersPoitiers !  Bourgade tranquille de 91 000 habitants, situé en plein centre du Poitou-Charentes, a été la cible, samedi 10 octobre, d’une manifestation de violence que l’on avait pas connu depuis fort longtemps. Organisée à l’origine par un collectif « anti-carcéral » et se déroulant sous la forme d’un festival culturel, la manifestation a changé de rythme et d’objectif à une allure qui a surpris élus locaux et police alors que 200 à 300 manifestants cagoulés et masqués ont fait irruption au centre ville. Succursales bancaires, mutuelles et compagnie d’assurance taguées, magasin de la société Bouygues endommagé, panneaux publicitaires brisés … Sans compter tous les graffitis à message purement politique éparpillés sur les environs de la place du marché. Notez qu’aucun de ces messages n’a été retranscrit dans la presse, ou bien même commenter. Par contre, on nous a rabâché dans tous les grands quotidiens que ces fauteurs de troubles avaient osé toucher à l’un des plus vieux monuments chrétien de France. Cherchez donc la population visée et qui réagira immédiatement à cette annonce de destruction. Nous avons tout de même retrouvé pour vous quelques messages avant leurs passages par l’arme favorite du monarque, grâce au caméra de France3 Poitou-Charentes. « Nous détruirons votre monde morbide. », « guerre sociale », « Etat terroriste », « On va faire du lèche vitrine ». Et pour finir, « Argent gratuit », tagué sur le bâtiment de la BNP Paribas à la vitrine remplie d’impact en tout genre. Vous interpréterez ce dernier comme vous le souhaiterez. Au total, 19 commerces ont été touchés, ce qui est bien loin du saccage entier du centre ville comme on nous l’avait annoncé. Un seul commerce a due fermer provisoirement pour cause de réparation, aucun dommage sur l’économie locale, pas de chômage technique. Les assurances remboursent les dégâts.

En d’autres mots, ce qu’il s’est passé à Poitiers, s’apparente bien plus à une manifestation contre le capitalisme, plutôt violente certes, qu’à une simple descente de casseur et d’émeutier.

Réaction presque immédiate du ministre de l’intérieur. Ce sont des militants d’ultra-gauche qui auraient fait le coup. Non, ce n’est pas sérieux? Allons. L’ultra-gauche la fameuse ultra-gauche devrait-on dire. Rappelez-vous, celle-la même qui se dit anarchiste autonome, qui tente de faire dérailler les voies de chemin de fer, et qui ose reprendre une épicerie à Tarnac. ( définition qui pourrait être celle officielle du gouvernement ). Celle qui fait peur, historiquement inorganisée et qui cette fois semble prendre un nouveau visage. Car oui, dans le cas de Poitiers, les actions clandestines ont été préparées, méticuleusement travaillées. Tracts expliquant comment se défaire de la police, plan de Poitiers, abandon des masques sur place, manifestants « formés pour ce genre de combat de rue » même selon le préfet de la Vienne.

J’ai souhaité vous faire partager un extrait d’un commentaire sur cette affaire de Jean Guisnel, journaliste au Point et spécialiste des questions militaires et de renseignement, propos que l’on retrouve sur le journal Le Télégramme.

« Ces jeunes en rupture de toute organisation identifiée, qui ne se reconnaissent même pas dans les traditionnels mouvements d’extrême-gauche institutionnalisés, sont, par définition, marginalisés. Ils paraissent ne pas savoir exprimer d’autre sentiment que la révolte, ne se donnent aucun leader visible, s’enfermant du même coup dans une rupture stérile, car incompréhensible et sectaire. »

Entrons plus profondément dans le cliché voulez-vous. Brice Hortefeux s’embarque sur le même bateau et demande au préfet de « recenser les squats qui sont susceptibles d’accueillir ces militants d’ultragauche».

C’est donc, en résumé, une jeunesse marginalisée, sans porte parole et adepte des logements abandonnés. Conclusion hâtive? Pensez-vous …

Des dix-huit personnes interpellés, trois écopent de peines de prison ferme. Les deux premiers sont âgés de 18 ans, et le dernier est un tout « jeune » homme de 51 ans. Sans doute atteint du syndrome de « Peter pan » pour ainsi donner raison à cette définition.

Mais la vraie réussite et  grande fierté du gouvernement, c’est la révélation presque immédiate de l’existence de la petite soeur d’edvige, qui attendait patiemment un événement de ce type pour revenir à la surface. Evidge n’avait pas la côte, changeons son prénom, et arrondissons légèrement les bords qui dérangeaient.

Le fichage, c’est la ( leur ) solution. Mettre chaque Français, adulte ou mineur de plus de 13 ans, dans une case. Un moyen de contrôler la jeunesse qui est loin d’être en accord avec ce qu’on lui met sous le nez, où même ailleurs.

Au final ce que l’on peut retenir de la manifestation de Poitiers se résume à quelques dégâts matériels et physiques, une première dans l’organisation de ce genre d’action, mais surtout l’apparition instantanée de lois sécuritaires abaissant encore un peu plus la liberté des individus. La recette ? Utiliser un évènement de ce type, avec un bon coup de pouce des médias, et hop, les mesures deviennent justifiées, sans discussion préalable. Pourquoi ne pas en avoir parler depuis un an?

Au delà du tintouin médiatique, il est essentiel que les pouvoirs publics, ministre, partenaires sociaux et partis politiques s’interrogent sur les motivations réelles de toutes ces personnes qui, l’espace d’un instant, ont montré ce qu’ils pensaient de ce monde.

Ne sont-ils pas la démonstration que le malaise social s’en va en grandissant, tendant, pour une minorité, vers une logique d’affrontement et de destruction quand le dialogue et les mesures ne mènent à rien ?

Non, à côté de ça, on préfère lancer le débat sur l’identité nationale. Retour au vieux démon qui font gagner les élections.

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Vous avez été élu,…

23/10/2009

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Monsieur le président de la République,

Depuis votre arrivée à la tête de l’Etat, vous nous répétez inlassablement cet argumentaire fétiche dans tous vos discours.

Vous nous dites que :

« Vous n’avez pas été élu pour augmenter les impôts,

Vous n’avez pas été élu pour laisser voler au supermarché

Vous n’avez pas été élu pour fuir ou regarder les problèmes,

Vous n’avez pas été élu pour décrire une réalité qui n’existe pas,

Vous n’avez pas été élu pour commenter le temps qui passe, »

Vous devriez rajouter pour vos prochains discours que :

Vous n’avez pas été élu pour expulser 17 000 sans papiers en 7 mois, sans prendre en considération leurs familles, leurs vies, leurs espoirs.

Vous n’avez pas été élu pour renvoyer en charter des afghans dans leur pays, pourtant en guerre.

Vous n’avez pas été élu pour y envoyer à la mort des soldats Français.

Vous n’avez pas été élu pour placer à la tête de tous les lieux de pouvoirs, des banques, de l’Epad, des journaux, des amis, de la famille, des hommes de confiance.

Vous n’avez pas été élu pour supprimer les publicités sur les chaines du service public et ainsi les rendre entièrement dépendantes des bons vouloir de l’exécutif.

Vous n’avez pas été élu pour privatiser La Poste, en pensant que cela pourrait passer en douce.

Vous n’avez pas été élu pour nommer des ministres dans le seul but qu’ils prêchent le message unique et formaté de l’Elysée.

Vous n’avez pas été élu pour remettre au goût du jour la délation, en incitant sans vous en rendre compte,des employés de service public ou bancaire à dénoncer des clandestins.

Vous n’avez pas été élu pour refaire l’Histoire et obliger des enseignants à lire des textes qui, sorti de leurs contextes, n’apportent rien de positif pour des élèves.

Vous n’avez pas été élu pour censurer internet et réduire les libertés individuelles en passant des lois en force.

Vous n’avez pas été élu pour ficher l’ensemble de la population sur des critères d’origine géographique, de couleur de peau et d’orientation sexuelle .

Vous n’avez pas été élu pour faire la Une quotidienne des journaux, de manière volontaire afin de maintenir les projecteurs sur vous et non sur les réformes.

Vous n’avez pas été élu pour creuser la dette publique.

Vous n’avez pas été élu pour démolir et remodeler à votre sauce tous les services gouvernementaux, entraînant une quantité impressionnante de fonctionnaires sur un équilibre instable.

Vous n’avez pas été élu pour supprimer la taxe professionnelle et étouffer les revenus des communes.

Vous n’avez pas été élu pour enrichir les plus riches et appauvrir les plus pauvres, du moins officiellement.

Vous n’avez pas été élu pour supprimer la fonction du juge d’instruction, seul capable de révéler des scandales politiques de haut niveau.

Vous n’avez pas été élu pour conduire des réformes irréfléchies, prises à la va vite pour faire écran aux polémiques incessantes créées par votre gouvernement.

Vous n’avez pas été élu pour réduire la France, et ceux aux yeux du monde entier, à un petit royaume monarchique qui ose donner des leçons de démocratie sans voir les scandales qui l’éclaboussent.

Cependant :

Vous avez été élu pour qu’ensemble, tout devienne possible. La France n’a jamais été autant divisée depuis 40 ans qu’aujourd’hui. Votre majorité en façade unie, est prête à exploser.

Vous avez été élu pour être le président du pouvoir d’achat.

Petit rappel : Avril 2007, 7.5 % de la population active est au chômage incluant seulement les demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi, sans emploi.

Septembre 2009, ce chiffre passe à 8.4 %. Soit 300 000 chômeurs de plus.

8 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté selon l’Insee en 2009.

Vous avez été élu par la « majorité » des français, non les français dans leur ensemble.( Nombre d’inscrit sur les listes électorales en 2007, 44 472 733. 37 342 004 votants. 18 983 138 votes en votre faveur au deuxième tour. ) 57 % des français n’ont donc pas voté pour vous, respectez les.

Mais respectez aussi les 43 % qui ont cru en vous et se sentent trahis par toutes vos promesses non tenues, vos exagérations quotidiennes et votre attitude autoritaire.

Vous avez été élu, cessez de détruire la France, son image, et les Français, comme vous le faite depuis plus de deux ans.


Signé : Un français perdu,

à l’image sans doute, d’une génération.


Le dauphin en bonne voie ?

11/10/2009

Son Altesse Une semaine bien chargée en rebondissement, et réjouissante pour notre famille royale, puisque le « dauphin » de la République, Monseigneur Jean Sarkozy , futur Jean III, non content d’obtenir le poste de conseiller général des Hauts-de-Seine à l’âge de 21 ans, serait désigné comme le futur président de l’Etablissement public d’aménagement de La Défense (EPAD). Les prérogatives de cet organisme sont évidemment « très limité » puisqu’il ne s’occupe « que » de la gestion et de l’attribution des marchés immobiliers de « l’actuel premier quartier d’affaires européen ». C’est également l’EPAD qui est en charge de l’aménagement urbain et de la rénovation des infrastructures existantes. A la tête d’un budget approchant 1,3 milliard d’euros et gracieusement offert par les contribuables, l’étudiant en licence de droit à La Sorbonne, est, « bien entendu », la personne la plus qualifée pour ce poste. Mais n’ayez crainte! Fort de sa longue expérience de conseiller général des Hauts-de-Seine depuis 2 ans, il a en plus été reconnu non coupable dans l’affaire qui l’opposait à un automobiliste, ce qui fait de lui le plus jeune politicien blanchi de l’histoire. Mais si rappelez-vous, en 2007, en pleine campagne présidentielle, les chargés de communication de Nicolas Sarkozy avait remué les médias pour camoufler l’incident. Le scooter du dauphin est déclaré volé, et l’on parle d’effectuer des test ADN pour confondre les coupables. Scooter retrouvé encastré dans la voiture du dit automobiliste, qui l’accuse de délit de fuite. Scandale ! Étonnamment, Jean fut relaxé, et l’automobiliste condamné à 2000 euros d’amende pour procédure abusive. Condamnation annulée par la suite, sans doute afin de ne plus entendre parler de la vraie fausse information.

Comment rejeter un tel candidat surtout lorsqu’il porte par pur hasard le même nom que le monarque?

L’EPAD est bien évidemment le cheminement normal pour préparer le prince à de plus amples responsabilités. Un entraînement à petite échelle en somme.

Réjouissons nous, La Défense pourra faire des économies. Mais si, voyons, le salaire d’un simple bachelier sera forcément moins élevé que celui de l’actuel président de l’EPAD, diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris, Patrick Devedjian.

A moins que cet usage reconnu et utilisé pour refuser les sur-diplômés qui « coûtent cher » dans les entreprises privés ne soit pas en vigueur lorsqu’il s’agit des affaires politiques des Hauts-de-Seine  …


Scandale Mitterrand, une erreur de l’opposition ?

08/10/2009

Scandale Mitterrand, la gauche piegée?

Nouveau scandale de la semaine après l’intervention de Marine Le Pen sur France2 lors de l’émission Mots croisés. La numéro deux du Front National accuse l’actuel ministre de la culture, Frédéric Mitterrand, de pédophilie et d’être adepte de tourisme sexuel en Thaïlande. Elle cite pour cela des passages du livre du ministre intitulé « La mauvaise vie » paru en 2005. Cette polémique prend davantage d’ampleur lorsque le Parti Socialiste et son porte parole Benoit Hamon, exhorte implicitement le ministre à la démission.

Frédéric Mitterrand s’est expliqué sur le plateau du journal de 20h de TF1, chaîne gouvernementale par excellence. Magnifique plaidoyer, longuement travaillé et visiblement appris par coeur, ne répondant pas dans un premier temps aux question de Laurence Ferrari : « Est-ce que ce récit est vrai ? ». S’ensuit une explication à rallonge totalement hors sujet. Puis, profitant d’une ouverture la journaliste glisse  « Donc vous avez vécu ces situations ? ». Réponse du ministre que l’on croirait affichée sur l’écran du prompteur. « -Oui,…  mais je tiens à préciser, d’une manière extrêmement claire, vous pouvez imaginer que les trois jours que je viens de passer n’ont pas été des jours très très facile, on m’avait dit que la politique était dure, je le constate … ». Enfin il en vient à répondre à la question en déclarant « – l’amalgame auquel je suis confronté, d’une totale injustice, qui voudrait d’une part que les garçons soit des mineurs en aucun cas, en aucun cas …. »

Un « Grand moment » de télévision et d’émotion en bref qui a due faire frémir les ménagères devant leur poste. Pour nous, une belle démonstration de rhétorique politique qui consiste à se plaindre, nier les faits et reporter la faute sur une mauvaise interprétation de ses écrits. Sans oublier, de lancer quelques petits pics contre la journaliste et ses détracteurs. Oui mais pourquoi est-ce que nous avons choisi de parler de cette affaire ? Nous condamnons ouvertement la pédophilie et l’exploitation des enfants mais il faudrait encore qu’elle soit prouvée dans cette affaire, et seule une enquête plus approfondie pourrait nous le révéler. Non, ce qui nous choque est ailleurs.Du premier coup d’œil, on pourrait croire que cette « malheureuse histoire » met le gouvernement dans l’embarras.

C’est possible oui. Mais vu d’un autre angle, c’est aussi du pain béni pour l’UMP.

On a bien pu constater qu’après la votation citoyenne sur le cas de La Poste, le gouvernement ne savait plus sur quel pied danser. Le stock de moquerie et d’indignation des fanfarons de première lignes épuisé, il fallait bien une réponse sur cette question de la part de l’hyper-président. Elle ne viendra pas. Les yeux et les caméras se sont tournés vers le ministre de la culture et son livre sorti il y a 4 ans et qui n’avait pourtant pas fait de remous au sujet de la présumée pédophilie divulguée dans l’ouvrage à ce moment là.

Heureux le chargé de communication de l’Élysée, s’offrant la joie de dénoncer le rapprochement idéologique du Front National et du Parti Socialiste sur cette polémique. Ravi, de voir qu’il n’a plus besoin lui même de créer le buzz pour faire avaler la pilule d’une réforme mal perçue. On se souvient à Disneyland de la première sortie du chef de l’Etat avec Carla, afin de détourner les projecteurs et les journalistes du passage houleux et prolongé du dictateur libyen, Mouammar kadhafi quelques jours auparavant. Rappelons également l’annonce du divorce présidentiel, connu par la presse depuis des lustres, et subitement ressorti au grand jour afin de tenter d’étouffer le mouvement étudiant contre la loi sur l’autonomie des universités. Ô combien d’exemple pourrions-nous citer depuis 2007.

Désormais, les autres partis politique se chargent de lancer des polémiques, seuls, sans soupçonner camoufler les réelles mesures dévastatrices du gouvernement qui elles, ne font jamais les grands titres.

Suite à cette affaire, est-ce que le cas de La Poste sera lâchement abandonné et enterré comme le furent tant d’autres projets défendus par la gauche depuis deux ans? Sans poursuite de la mobilisation du coté de l’opposition et sans continuité dans les médias, il faut être prêt à ce que La Poste connaisse le même sort que France Télécom.

Préparez les commandes de prozac !


Polémiques à tout va ! Où va-t’on ?

06/10/2009

Marianne sarkozystePolémiques gouvernementales, crise économique sur fond de grippe H1N1, règlement de compte à gauche, tel est le lot de l’actualité depuis bientôt deux mois. Comment se protéger du virus ? Comment manger sans trop dépenser ? Comment gérer les auvergnats lorsqu’ils sont trop nombreux ?

Nous aurions pu analyser tout un tas de petits détails, ou d’annonces publiques totalement scandaleuses de la part des ministres. Le très beau geste de Besson envers les journalistes de Canal Plus, les blagues dignes de l’époque coloniales d’Hortefeux, les centre commerciaux étonnamment bondés de sympathisants UMP lors de visite surprise du ministre de l’éducation luc Chatel, et je ne cite que les cas les plus récent. On pourrait même écrire un livre en 8 volumes sur les « magnifiques » interventions de Fréderic Lefebvre. A croire que les ministres sont briefés pour détourner la véritable information politique et les décisions houleuses de notre bon roy. Depuis 2 ans et demi, chaque semaine une nouvelle polémique efface la précédente, évitant un débat concentré sur un tel sujet.

Pour le cas de la privatisation de La Poste, au moins, l’opposition ne s’est pas faite piéger par le lot de polémiques inutiles qui circulent dans les médias. Est-ce le début d’un renouveau ou au moins d’une conscience commune pour la gauche? L’avenir nous le dira ! La votation sur La Poste est au moins une entreprise louable. Enfin un combat pris en considération, et soutenu plus d’une semaine avec un résultat probant. « Aucune valeur juridique, énoncé mal formulé, véritable mensonge politique, tartufferie » … Voici les réponses du gouvernement pour répondre au refus de privatisation d’un des derniers services publiques de nos campagnes, par plus de deux millions de français. Étonnamment la droite ne crie pas au plagiat, c’est pourtant elle qui utilise ces procédés en temps normal.

Qu’on se le dise, le gouvernement ne se laissera pas voler aussi facilement ses propres méthodes de travail.

« Vite, lançons une autre polémique! », projecteur sur la fameuse « jungle » de Calais, journalistes cordialement invités pour filmer le safari, caméra du journal télévisé en action. Je ne commenterai pas ce terme de « jungle », tellement aberrant que l’on se croirait revenu deux siècles en arrière. En majorité afghans, ces immigrés clandestins interpelés « en douceur » n’ont pas tardé à être relâché. Jusque là, rien de nouveau. Ah si, étonnamment on ne les renvoie pas en charter comme tous les autres. Réfugiés politique me direz-vous, oui bien sur. Quand on sait que les violences ont encore augmenté en Afghanistan, on les comprend. Oui mais le roy n’est pas de cet avis. Cette histoire a fait trop de remous, on va quand même en renvoyer. Pour l’exemple? Ou juste pour l’audimat ? «Mettez moi tout ça dans l’avion.» Et puis organisons un vol groupé, à défaut de pouvoir faire un tir groupé. Au final cela couterait moins cher pour l’État et pour eux la finalité resterait la même … « On ne peut pas les tuer, car une population de gauche ne comprendrait pas. » Petite séquence d’humour noir pour les journalistes d’Action Discrète, qui ont semble-t-il, fini leur reportage à Calais en garde à vue. Pour ceux qui n’auraient pas pu voir l’émission, se faisant passer pour des agents du ministère de l’immigration, les joyeux lurons annonçaient le relogement des réfugiés, assimilés pour le coup à des animaux,de compagnies ,directement chez l’habitant. Pression du ministère de l’immigration pour ne pas diffuser le reportage, qui passe tout de même sur les écrans le samedi 3 octobre. Je remercie au passage Canal pour nous offrir, encore, l’accès à des émissions d’information non formatées et capable d’user du second degré en osant dépasser les limites du politiquement correct en vigueur, sans peur du crime de lèse majesté, tout simplement.