Vers la suppression de l’histoire géo en Terminale?

28/01/2010

« Un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre » a dit un jour Winston Churchill. Les français se dirigent-t-ils les yeux fermés vers de nouvelles erreurs ?

On peut se questionner à l’annonce faite par Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale, de vouloir supprimer l’enseignement obligatoire de l’histoire géographie aux terminales scientifiques, qui représentent le tiers des élèves de terminale,  toutes filières confondues. Cette remise en cause de l’enseignement qui est certainement l’un des plus importants dans la construction de notre société, est inacceptable.

18 ans, l’âge du baccalauréat, l’âge de la majorité, de l’indépendance, l’âge du vote. Alors qu’on a déploré l’abstention de 70% des jeunes âgés de 18 à 24 ans lors des dernières élections européennes, on voudrait leur ôter l’apprentissage de ce qui façonne la France d’aujourd’hui. Plus que des dates et des fleuves, l’histoire géographie est le moyen pour les élèves de connaître et de comprendre les systèmes politiques dans lesquels ils vivent, on les forme à la citoyenneté.

Aussi, l’histoire n’est pas en opposition avec les matières scientifiques. Il est important pour nombre d’élèves, qui pourront intégrer des classes préparatoires, des écoles, en vue d’avoir des postes à responsabilité,  de voir à travers l’histoire du 20e siècle l’influence de la science sur les événements. Sinon, quels enseignements tirer de la bombe atomique et de l’influence des nouvelles technologies dans nos vies quotidiennes ?

Enfin, chaque débat qui traverse aujourd’hui l’actualité trouve une explication dans l’histoire géographie. La mondialisation dans l’émergence de sociétés de consommation et de la guerre froide, l’identité nationale dans la colonisation puis les décolonisations parfois sanglantes, le réchauffement climatique avec les révolutions industrielles, … ne pas l’expliquer, c’est quelque part l’oublier, et favoriser l’apparition d’un peuple sans jugement.

Fragiliser l’histoire géographie en terminale aujourd’hui, c’est courir le risque de créer une génération de scientifique déconnecté des réalités du monde qui les entoure.

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« Lumières sur l’obscurité » : A la (re)découverte du Light Painting

28/01/2010

Vous est-il arrivé de croiser fréquemment une personne qui vous devient familière tout en ignorant son identité ? Transposez ce sentiment à l’art, et c’est ce qu’il se passera avec le Light Painting, technique de photographie de plus en plus présente dans la publicité comme dans le cinéma et pourtant, seuls les passionnés semblent connaître son nom.

Projecteur sur le Light Painting à l’Université de Versailles

Les 10 et 11 février prochains*, se tiendra l’exposition « Lumières sur l’obscurité », dans le Hall du bâtiment Vauban de l’Université de Versailles Saint Quentin en Yvelines.  A l’initiative de trois étudiantes, et en partenariat le Crous de l’Académie de Versailles et la Communauté d’Agglomération de Saint-Quentin en Yvelines, elle mettra en lumière les photographies d’un jeune artiste : Jadikan, et une partie de son œuvre, le « lightning project ». Cette exposition s’inscrit dans l’air du temps, 2010 promet d’être l’année d’explosion de cette technique.

Peindre la lumière : un art en pleine expansion

Le Light Painting fait se rencontrer la pénombre et la clarté, au sein d’une image où le photographe joue avec les faisceaux lumineux. Pour Jadikan : « Entre performance, peinture et photographie, ce médium ouvre de nouvelles possibilités quant à l’appréhension de l’image et du temps ». Les agences de publicité l’ont bien compris, des portables aux compagnies de câble, en passant par la mode, voire la haute couture, elles sont de plus en plus nombreuses à proposer des campagnes utilisant la technique. Après la mode des graffitis, vient celle des light graffer.

Jadikan : un photographe de renom

Digne héritier artistique de photographes comme Gjon Mili, qui avait réalisé une série de photographies avec Pablo Picasso en 1949 selon le même procédé technique, Jadikan est aujourd’hui l’un des light painter les plus en vue en France. Il a notamment participé à la Nuit de la photographie contemporaine de la Foire Saint Germain, été publié dans le Monde de la photographie d’Août-Septembre et exposé au Centre de Création Numérique Le Cube d’Issy-les-Moulineaux en 2009. Sa venue à l’Université, lors des deux jours d’exposition, sera donc l’occasion d’échanger avec les étudiants sur son art et son parcours.

*Horaires de l’exposition : 10/02 10h-19h ; 11/02 9h-17h

pour + d’infos sur le light painting : http://www.jadikan-lp.com/


Jean-Claude, Nadine, Eric et les autres …

16/01/2010

C’est officiel. Le calendrier 2010 est affiché dans les chaumières depuis 15 jours, et j’en profite pour vous souhaitez une année qui je l’espère sera moins mauvaise que les autres. Difficile de dire bonne, bien qu’il soit encore autorisé de rêver.

C’est en lisant des commentaires d’articles de divers journaux mis en ligne sur internet que j’ai commencé à me demander sérieusement si cette année n’allait pas être celle de l’explosion des pulsions refoulées de certains de nos merveilleux compatriotes. Je tenais à revenir sur le débat sur l’identité nationale qui comme on a pu le craindre, se transforme en tribune d’expression libre pour partisan d’une France aux couleurs de 1940. J’aimerais d’ailleurs savoir si il existe des statistiques afin de connaître la moyenne d’âge des participants aux débats dans les régions, non pas que je n’aime pas les personnes de plus de soixante ans, mais j’ai une certaine inquiétude quant aux conséquences de l’étalage des propos de la majorité de nos aïeux, pas toujours ouvert sur un monde qui les dépasse. Pourtant, ils sont pour la plupart le témoignage encore vivant des drames du passé. Et que dire de nos élus. Dérapage raciste sur fond de valeurs républicaines, nous sommes tous heureux de connaître les véritables pensées de certaines personnalités.

«Nous nous réjouissons que les musulmans soient heureux du match [Egypte-Algérie, en novembre]. Sauf que quand après, ils déferlent à 15 000 ou à 20 000 sur la Canebière, il n’y a que le drapeau algérien et il n’y a pas le drapeau français, cela ne nous plaît pas. » cite aujourd’hui Libération. Des propos du maire du Marseille en personne, Jean-Claude Gaudin. C’est dit. On le voit, pas d’amalgame entre islam et des jeunes qui fêtent la victoire de leurs pays de coeur. Je rappelle que la France s’était dans le même temps qualifiée de manière exceptionnelle grâce à une main de Thierry Henry, vraiment étonnant qu’aucun drapeau français ne soit de sortie…

Revenons à nos élus, « Ce que je veux d’un jeune français musulman, c’est qu’il aime la France, qu’il travaille, qu’il ne parle pas verlan et qu’il ne mette pas sa casquette à l’envers ». Nadine Morano, Secrétaire d’Etat à la famille et à la Solidarité. Ça laisse songeur. Il faut dire que la Nadine, on commence à la connaître. Loin d’être des propos isolés, elle nous avait déjà fait une démonstration de l’étendue de son ouverture sur France3 alors qu’elle faisait une promenade au marché. Après les propos de Brice Hortefeux cet été, de Nadine, de Jean-Claude, Eric Besson nous signale tout même que « Le débat n’a pas dérapé; la caricature de défouloir raciste n’a pas fonctionné. ». On l’a vu, pas de défouloir raciste non, pas de la part d’élu en plus. Le plus choquant ce n’est pas tant la parole des élus, mais les propos de monsieur et madame tout le monde. Eric Besson poursuit : « L’immigration et l’islam représentent moins d’un tiers des 26.000 premières contributions reçues sur le site internet dédié […]».

Un tiers. Tout de même. Qu’en est-il des chiffres lors des débats participatifs dans les communes?

Pour eux, encore aucune statistique officielle. Et lorsque l’on observe les commentaires d’internautes, sur des journaux toutes tendances confondues, on constate rapidement une augmentation des messages à caractères racistes et la stigmatisation de l’Islam. Non pas qu’ils n’existait pas avant, loin s’en faut, mais qu’il est désormais normal de le laisser sortir au grand jour. Les élus le font bien, pourquoi pas le citoyen lambda? La mode est lancée. Merci au ministre Besson. Il suffit de lire les articles concernant la mort du jeune Hakim, tué dans son lycée par un de ses camarades de classe. La marche en sa mémoire se déroulait le 15 janvier. Les commentaires d’un grand nombre d’internautes ne se portent pas sur le crime, mais sur les origines du jeune Hakim, et la volonté de ses parents de l’ensevelir en Tunisie. « Qu’est cette manif ?Si c’était un français blanc, il n’y en aurait pas eu. » Des commentaires comme celui-ci, on en trouve à la pelle. De l’incompréhension d’enterrer le jeune homme en Tunisie, du fait que l’on parle de l’évènement parce que le jeune homme était maghrébin, en passant par la critique des femmes voilées du cortèges. Tout est sujet à des propos très limites. Et le meurtre d’un jeune homme dans un établissement scolaire? La vrai question est occulté. Ces commentaires vous ne les retrouverez plus uniquement sur des journaux partisan de droite, mais aussi parmi ceux de gauche. L’exemple d’ailleurs provient d’un article de Libération, et s’en est un parmi tant d’autre. Banalisation des propos racistes, politique communautaire, peur de l’autre, tout ce qu’Eric Besson dénonçait lorsqu’il était au PS, vidéo à l’appui pourtant dans un rapport sur la politique de Nicolas Sarkozy. Ce texte effarant est pourtant très proches des réalités actuelles. Et pendant ce temps là, le débat  qui devait se dérouler entre l’UMP, le PS et le FN sur France2 se transformait en tribune libre pour le FN et l’UMP. Encore là, sans aucune opposition.

Triste orientation pour 2010.