Vers la suppression de l’histoire géo en Terminale?

« Un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre » a dit un jour Winston Churchill. Les français se dirigent-t-ils les yeux fermés vers de nouvelles erreurs ?

On peut se questionner à l’annonce faite par Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale, de vouloir supprimer l’enseignement obligatoire de l’histoire géographie aux terminales scientifiques, qui représentent le tiers des élèves de terminale,  toutes filières confondues. Cette remise en cause de l’enseignement qui est certainement l’un des plus importants dans la construction de notre société, est inacceptable.

18 ans, l’âge du baccalauréat, l’âge de la majorité, de l’indépendance, l’âge du vote. Alors qu’on a déploré l’abstention de 70% des jeunes âgés de 18 à 24 ans lors des dernières élections européennes, on voudrait leur ôter l’apprentissage de ce qui façonne la France d’aujourd’hui. Plus que des dates et des fleuves, l’histoire géographie est le moyen pour les élèves de connaître et de comprendre les systèmes politiques dans lesquels ils vivent, on les forme à la citoyenneté.

Aussi, l’histoire n’est pas en opposition avec les matières scientifiques. Il est important pour nombre d’élèves, qui pourront intégrer des classes préparatoires, des écoles, en vue d’avoir des postes à responsabilité,  de voir à travers l’histoire du 20e siècle l’influence de la science sur les événements. Sinon, quels enseignements tirer de la bombe atomique et de l’influence des nouvelles technologies dans nos vies quotidiennes ?

Enfin, chaque débat qui traverse aujourd’hui l’actualité trouve une explication dans l’histoire géographie. La mondialisation dans l’émergence de sociétés de consommation et de la guerre froide, l’identité nationale dans la colonisation puis les décolonisations parfois sanglantes, le réchauffement climatique avec les révolutions industrielles, … ne pas l’expliquer, c’est quelque part l’oublier, et favoriser l’apparition d’un peuple sans jugement.

Fragiliser l’histoire géographie en terminale aujourd’hui, c’est courir le risque de créer une génération de scientifique déconnecté des réalités du monde qui les entoure.

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