Moralisation du capitalisme qu’il disait …

25/02/2010

Vu sur Liberation.fr ce jeudi 25 février 2010

Non vous ne rêvez pas.

Liberation.fr nous signale ces deux informations visibles sur leur site en milieu d’après-midi ce jeudi 25 février et nous propose deux articles à la suite, non liés officiellement, mais certainement pas disposés ainsi sans arrière pensée.

D’un côté, nous apprenons donc que les 4000 traders de BNP Paribas se partageront, seulement, la moitié du milliard d’euros prévu à leur effet et que les 400 opérateurs de marché du crédit agricole devront se diviser une somme de 49 millions d’euros. Ces informations concernent seulement quelques banques.

De l’autre, « sur un million de personnes qui devraient arriver en fin de droits » en 2010 , entre 300 000 et 400 000 seraient admissibles à une aide du gouvernement,selon le secrétaire d’Etat à l’Emploi, Laurent Wauquiez. Les discussions sont en cours, mais ce dernier souhaite ainsi débloquer plusieurs centaines de millions d’euros. Le montant exact ainsi que le nombre de bénéficiaires n’étant pas encore véritablement déterminés officiellement.

Alors que 600 000 personnes n’auront droit à rien, un petit groupe de quelques milliers d’individu se partagera des milliards d’euros. Les autres ramasseront les miettes.

Moralisation du capitalisme qu’il disait …

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LOPPSI II : le pire est (encore) de retour !

09/02/2010

Communiqué co-signé du syndicat des avocats de France ainsi que du syndicat de la magistrature.

LOPPSI II : le pire est (encore) de retour !

« A force de réfléchir avant de légiférer, on reste immobile. »
Frédéric Lefebvre, humoriste

Le projet de « loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure »  (dite LOPPSI II, en référence à la « loi d’orientation et de programmation pour la sécurité intérieure » du 29 août 2002) sera débattu demain à l’Assemblée nationale.

Ce texte – déposé en mai 2009 et sur lequel vient de s’abattre, à l’approche des élections régionales, un déluge d’amendements destinés à le durcir tous azimuts – offre un condensé de l’idéologie primaire et dangereuse qui gouverne depuis plusieurs années le traitement des questions de « sécurité ».

En fait de « performance », ses promoteurs ont renouvelé l’exploit de concilier l’inutile et l’inacceptable, au nom d’un projet de société où l’absurde le dispute à la paranoïa.

Ainsi, dans le Brazil qui se dessine, les caméras envahiront les rues et la justice sera rendue à distance, derrière un écran d’ordinateur.

Le projet de loi prévoit en effet de permettre à toutes les entreprises privées d’implanter « sur la voie publique » des systèmes de vidéosurveillance (« vidéoprotection » dans la novlangue) « aux abords de leurs bâtiments et installations ». De leur côté, les préfets pourront autoriser la mise en place de tels dispositifs en cas de « manifestation ou rassemblement de grande ampleur » présentant un « risque » pour l’ordre public.

L’objectif est clair : généraliser l’espionnage des espaces publics, au nom d’une « efficacité » d’autant plus hypothétique que le fameux « exemple anglais » s’apparente à un « véritable fiasco » selon l’expression d’un responsable de Scotland Yard…

Évacuant les justiciables des palais de justice, le projet prévoit de systématiser le recours à la « visioconférence », notamment pour réduire le nombre des « extractions » de détenus et d’étrangers en rétention administrative perçues par la police comme des « charges indues ». La Chancellerie avait déjà diffusé une circulaire en ce sens le 5 février 2009, au demeurant illégale. À la demande d’Eric Ciotti, particulièrement sensible aux sirènes de la place Beauvau, c’est donc l’avènement d’une justice virtuelle, délocalisée et déshumanisée qui s’annonce.

L’obsession du fichage policier imprègne également ce projet. Non contente de reconduire les dispositifs actuels – pourtant détournés de leurs objectifs initiaux, truffés d’erreurs, incontrôlables et, de fait, incontrôlés – la majorité UMP s’apprête à les interconnecter et à les étendre. Les données relatives à un suspect innocenté ne seront pas systématiquement effacées : seront donc maintenues dans les fichiers dits  « d’antécédents » des personnes qui, en réalité, n’en ont pas !

Dans ce énième fourre-tout législatif, on trouve aussi :

– un couvre-feu pour les mineurs de 13 ans, qui ne manquera pas d’engendrer des contrôles d’identité abusifs ;

– un nouveau  « contrat de responsabilité parentale » renforçant la pénalisation des familles en difficulté (amende de 450 euros en cas de violation du couvre-feu et possible suspension des prestations sociales en cas de refus de contracter) ;

– l’inquiétante ébauche d’un traitement administratif des mineurs délinquants par la transmission systématique de toutes les décisions judiciaires les concernant au préfet et au président du conseil général ;

– un filtrage policier des sites internet, aussi inefficace que lourd de menaces ;

– la réintroduction de peines automatiques en matière routière ;

– une augmentation des pouvoirs de la police municipale et la création d’une milice policière baptisée « réserve civile »…

Le Syndicat de la magistrature et le Syndicat des avocats de France appellent les parlementaires et tous les citoyens soucieux du respect des équilibres démocratiques à s’opposer fermement à ce nouveau projet liberticide qui poursuit en réalité d’autres objectifs que la lutte contre la délinquance et nous prépare une société de contrôle.

Il est urgent de sortir du cauchemar sécuritaire qui détruit progressivement notre Etat de droit !

Paris le 8/2/2010

Source : site du syndicat des avocats de France, www.lesaf.org

Un grand merci à gauchedecombat pour l’information.