Le journalisme, une discipline à remettre en question ?

Approchez jeunes gens, c’est la semaine du journalisme!

Et bien, en faites, non. Mais nous aurions facilement pu nous laisser tenter par cette idée tellement l’actualité s’aligne autour des professionnels de l’information.

Heureusement qu’il y a aussi l’autre information de très grande qualité, la fameuse rumeur sur le couple présidentiel, sans aucun doute montée de toute pièce par l’Elysée pour détourner l’attention de la grogne de la droite. Mais revenons à nous moutons. À vous et moi quoi.

Cette semaine, dans la presse écrite, à la télévision sur Canal + , sur France 3, les émissions n’ont que le mot « journaliste » à la bouche. Chacun s’interroge sur la nécessité, ou non, de dénoncer les sources des journalistes en cas de crime grave, du type de ceux rencontrés par les journalistes de l’émission « les Infiltrés ». Pour ceux qui n’auraient pas suivi, après une enquête d’un an et plusieurs rencontres avec des pédophiles notoires, les journalistes de l’émission ont dénoncé ces derniers aux services de polices. La question de la crédibilité des journalistes est donc, par la même occasion, remise en question. Comment obtenir des informations sur des sujets à la limite de la légalité si le journaliste est perçu comme une « balance »? Cette vision est déjà pas mal répandue parmi les français, parfois à juste titre. Ou se trouve donc la frontière, entre les devoirs du citoyen et ceux du journaliste? Vaste débat.

Et puis il y a « l’affaire du siècle », le buzz autour de la vidéo d’un Jean-Luc Mélenchon, insultant, visiblement enervé et critiquant ouvertement les médias dans leur ensemble. Il s’estime piégé par un étudiant en journalisme l’interrogeant, visiblement sans trop de préparation, sur le sujet d’une possible réouverture des maisons closes au lendemain de le victoire de la gauche aux élections régionales. Voyons, abordez un tel sujet alors que l’heure est à la célébration d’une gauche uni sur le papier. Que c’est mesquin. Oui mais voilà, le monde ne s’arrête pas de tourner. L’information n’est pas unique et centrée sur un événement bien que majeur. Cet étudiant au « métier pourri » selon Mélenchon, était tout à fait dans son droit de poser cette question. Même si, je vous l’accorde, ça sent le jeune opportuniste qui attrape un sujet à la volée en fonction des explications de Mélenchon.

Lui qui annonçait le 31 mars sur Libération qu’il ne se laisserait «plus jamais» «approcher par un étudiant en journalisme, ni un journaliste stagiaire», s’expliquait pourtant ce matin devant une assemblée d’apprenti-sorcier au CFJ .(Centre de formation des journalistes).

Vif retournement de situation. Il est ainsi venu expliquer aux journalistes comment faire leur métier, en les encourageant à ne pas trop taquiner les politiques. Comme si ces derniers n’étaient pas déjà choyés voir même protégés par l’autocensure de la majorité des journalistes de grands groupes. Allez savoir pourquoi …

Enfin je constate également que la blogosphère se couvrent de billets aux opinions des plus diverses au sujet du rôles des journalistes.

De celui qui pourra le mieux cracher sur la profession à celui qui tente une explication hasardeuse sur le malaise ambiant du métier, je leur conseillerais de lire un livre qui date un peu certes puisqu’il a été édité une première fois en 1999, mais qui résume encore assez bien les problématiques actuelles du monde médiatique. L’ouvrage rédigé par Ignacio Ramonet s’intitule La tyrannie de la communication. La télévision en prend pour son grade, à l’image des chapitres la qualifiant d’« excrément télégénique » et de « télévision nécrophile » qui devrait en réjouir certains.

Mais je souhaite davantage vous parler des chapitres concernant le journalisme. Selon l’auteur, les journalistes sont appelés à disparaître, pour la simple et bonne raison que le système pourrait fonctionner sans eux. Il explique en effet que la majorité des journalistes en sont réduit à être des « retoucheurs de dépêche d’agence ». Quelle entreprise, quel organisme, ou quel parti politique n’a pas de service de communication chargé de gaver les journalistes de communiqués de presse qu’ils devront régurgiter délicatement aux lecteurs? L’objectivité du journaliste est-elle encore possible dans un monde ou son travail est prémaché? Une chose est sûre, l’instantanéité de l’information prévaut sur l’analyse, portant à remettre en cause la véracité des faits énoncés.

Une cinquantaine de pages au total sont consacrées à ce qu’ « être journaliste aujourd’hui » signifie pour Ignacio Ramonet. Une dizaine d’années après la parution de l’ouvrage, et avec la semaine que nous venons de passer, la question est encore loin d’être réglée. Nous sommes néanmoins amenés à suivre quelques pistes qui expliqueraient certaines pratiques encourageant le malaise d’une profession en proie à de profonds changements depuis 30 ans.

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3 Responses to Le journalisme, une discipline à remettre en question ?

  1. Paterson dit :

    Intéressent,il est certain que la définition du journalisme est totalement différent maintenant.

    Dans le cadre, de journaliste dit téléviser.
    Car dans le cadre, de journalisme indépendant, dans un circuit de publication autre que la TV. Je pense qu’il y y’a encore de très bon journaliste, qui remette en question certain point existentiel du « journalisme ».

    Très bonne article en tous les cas,

    Merci !

    C.

  2. Paterson dit :

    Puis je rajouterais une dernière chose,
    le journalisme est un grand mot qui signifie maintenant beaucoup trop d’effet en même temps.

    Disons que des chaines, comme tf1 par exemple.
    Ce dit journaliste etc, mais il n’en n’ai que de l’effet présenter aux « plats » des téléspectateurs.

    Hors, si on sort de ce phénomène « servie » envers la TV,
    ont peut agrément trouver de très bon documentaire en format magazine, journal, voir sur interdit comme arrêt sur image.

    Tout ça pour dire, que si la majorité des gens qui vivent sur terre arrêter de ce nourrir de toute cette *** que part « facilité » qu’ont nous faire croire. Car jusqu’à présent si on fait le point dans les domaines de la consommation alimentaire, plus tot que manger toute ces *** au profit du commerce alimentaire et polluante, prometteant des produits respectieur de l’environement et BIO ? Gne ??
    des affaires politique,comme tous ces vôtes basé éssentiellement sur l’effet buz de la TV ?
    Qui au final, nous fait croire et continue de nous faire croire ce que le gouvernement, ainsi que les parties politiques sont réellement à leurs place ??
    Plus tôt que de ce renseigner de manière efficace.

    On est juste des larves qui ce nourrisse de tous ce qu’ont nous donne « injecte ». Car elle est où information dite « journalistique » de type objective ?

    J’en voit pas, faut juste ce bouger le q un petit peut, et arrêter de ce nourrir de ces **** télévisé !

    Aller plus tôt vous renseigner dans les bon libraires, sur des références communautaire comme arret sur image, de lire plusieur jounral, du moins une bonne reference…

    Marre des gens, qui ce plaignent.
    Quand au final, toute cette *** n’est que le relfet de leurs consommations -.-*

    Sérieux, faut ce réveiller..

  3. Jay dit :

    Comme partout, il y a du bon et du mauvais dans le journalisme. Et je suis d’accord avec toi pour dire que le terme employé représente une large panoplie de fonction allant du journaliste d’enquête au gratte-papier recopieur de l’AFP. Enfin dans cet article j’ai avant tout parler du journaliste à grand public, celui qui passe dans et pour le petit écran, car c’est selon moi celui qui a fait le plus polémique.
    Il existe en effet encore des journaux voir même plus exactement des sites internet d’informations, nettement moins « contrôlé » et « contrôlable » par les grands groupes, car ils sont indépendants, et autonomes financièrement. C’est le cas pour « Arrêt sur Images » qui n’a d’autres revenu que celui des abonnements. Cependant, ces sites là ne sont pas connu par une majorité de la population et puis, avouons le, ce n’est tout de même pas demain que l’on verra la ménagère de TF1 surfer sur internet, alors qu’elle est habitué depuis 30 ans à regarder Jean-pierre sur la une. Mais sait-on jamais …

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